1er Janvier 2012 Sainte Marie Mère de Dieu

Le huitième jour l’enfant est circoncis et reçoit son nom, selon le rituel de la loi juive. Avant de nous libérer de la loi, il est né sous la loi, comme le souligne l’épître aux Galates dans le passage que nous venons d’en entendre. Il y a quelque chose d’important dans cette prise d’humanité qui est d’abord une soumission à la loi juive. Jésus est pleinement inscrit dans la particularité de la tradition religieuse juive. Luc va cependant élargir l’inscription humaine de Jésus dans l’universel : contrairement à Matthieu, il fait remonter son ascendance, non pas seulement à Abraham, mais à Adam. Jésus fait partie de l’humanité primitive, ancienne. C’est sans doute dans l’Epître aux Hébreux que cette solidarité humaine de Jésus est le mieux exprimée (Hé 2, 9-17) : il ne rougit pas d’appeler ses frères ceux qu’il vient sauver, « ce n’est pas à des anges qu’il vient en aide, mais c’est à la descendance d’Abraham » et c’est en souffrant « lui-même l’épreuve qu’il peut porter secours à ceux qui sont éprouvés ».

 

Mais c’est aussi le génie de Luc de montrer que Jésus vient d’ailleurs, encore une fois à la différence de Matthieu, l’ange, messager céleste n’intervient pas en songe, comme pour Joseph, mais directement, comme c’est les cas pour Marie, Zacharie et les bergers. Quoiqu’il en soi, le nom de Jésus est donné d’en haut, ce nom célébré par la tradition chrétienne, car il signifie que Dieu sauve son peuple de ses péchés.

 

L’Ecriture nous dit ainsi quelque chose d’essentiel, le rapprochement de deux bords, celui de Dieu et celui de l’homme, si distants l’un de l’autre qu’ils ne semblent pas pouvoir se rejoindre. Pourtant ils se sont rejoints en une personne, Jésus. Le concile de Nicée, scellera cette réalité inconcevable qui concerne Marie, Mère de Dieu, que nous fêtons aujourd’hui ; Jésus n’est pas séparé en deux parties, il est un, et Marie n’est pas que la mère de l’une de ces parties, à savoir l’humaine. Sans doute n’a-t-on jamais fini de réaliser cette solidarité entre Dieu et l’homme qui les conjoint de manière inséparable et qui constitue l’être de Jésus.

 

Les bergers repartent dans la nuit, tous joyeux d’avoir pu constater la réalité de ce qui leur avait été annoncé. Leur vie n’a certainement pas beaucoup changé ensuite, ils sont retournés à leurs moutons ; leur témoignage inattendu a relancé Marie dans sa méditation : c’est bien cela le temps de Noël qui est aussi celui de notre vie dans la foi. La lumière est venue dans les ténèbres, si discrètement, qu’elle reste encore cachée, sans faire de bruit, sans rien faire bouger. Là se manifeste la pauvreté de Dieu quand il assume l’humanité. Mais la lumière ne s’éteint pas dans les cœurs où elle s’est allumée. Ils sont comme les veilleurs dans la nuit de ce monde.


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