Homélie pour le deuxième dimanche de l’Avent

Préparer le chemin du Seigneur, tracer  une voie dans le désert, là où il n’y a rien, enlever les obstacles, combler les ravins, toutes ces images physiques sont très parlantes. Aujourd’hui pour aménager une voie pour relier un point à un autre, dans un pays escarpé, morcelé par les fjord, comme la Norvège, on voit quels moyens il faut prendre, quels énormes travaux cela représente : creuser de longs tunnels dans le rocher où profond sous les fjords, bâtir des ponts immenses pour relier aux îles, entretenir des routes ravagées par les pluies ou le gel.

Parabole parlante, car préparer le chemin du Seigneur est aussi difficile.

 

Le désert n’est pas, dans l’arrière-plan du prophète Isaïe, d’abord un lieu retiré, mais un lieu de passage qui s’étend entre des lieux habités. Malgré les concentrations humaines de beaucoup de zones de notre planète, il reste encore aujourd’hui, qu’en règle générale, la géographie fait qu’entre les lieux où habitent les hommes, il y a d’immenses espaces sauvages à dompter pour pouvoir les traverser, pour aller d’Assyrie en Egypte. Les risques demeurent pour celui qui les traverse, il peut se perdre, être attaqué, ne trouver aucun secours s’il lui arrive malheur.

 

Cette image de la traversée à risques est encore une parabole : combien de groupes, de communautés dont les membres, au départ avec enthousiasme, se sont effondrés seulement après quelques mois, souvent dans une déception à la mesure de l’attente et du désir qui les avaient générés. La difficulté à vivre les différences n’avait pas été mesurée au départ.    

Préparer le chemin du Seigneur, celui de la paix, de l’unité dans l’amour, de la vie ensemble, suppose un énorme et humble investissement. : long travail pour éliminer les obstacles, aplanir, combler, en soi d’abord, mais aussi autour de soi, lent baptême de purification ; travail parfois tellement difficile et long que l’on ne sait plus vraiment si l’on va aboutir, ni même où l’on va.

 

Mais Jean-Baptiste, qui a traversé le doute lui-même, est toujours là, dans le désert des passages, pour nous montrer celui qui doit venir, celui qui rend fécond notre labeur, car il baptise dans l’Esprit.


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